Tribunes

C’est le 6 février dernier que les célèbres Guerrilla Girls nous ont fait l’honneur d’une intervention dans le cadre du colloque « Les Normes de genre dans la création contemporaine : reproduction/déconstruction » qui s’est tenu au Centre Pompidou les 5 et 6 février à l’occasion de l’accrochage « elles@centrepompidou ». Le colloque, qui se proposait de faire un bilan de la construction et subversion des normes de genre dans la création contemporaine (cinéma, arts visuels, danse, design, littérature) autour des conférences de Camille Morineau, Fabienne Dumont, Eric Fassin entre autres, s’est terminé avec les interventions d’ORLAN et des Guerrilla Girls. Ainsi après la vidéo de l’entretien d’ORLAN avec Emma Lavigne la semaine dernière, nous vous proposons de découvrir ou de redécouvrir l’intervention des « justicières masquées » du monde de l’art : les Guerrilla Girls. La vidéo est accompagnée d’un texte de Sonia Recasens qui analyse l’histoire et la production des Guerrilla Girls en les replaçant dans le contexte socio-culturel des années 1980.

Dans le cadre du colloque “les normes de genre dans la création contemporaine”, qui s’est déroulé au Centre Pompidou le 5 et 6 février 2010, Orlan, artiste-clé de l’avant-garde féministe en France est venue parler de son œuvre dans un entretien avec Emma Lavigne co-commissaire de l’accrochage elles@centrepompidou. De ses débuts a ses dernières innovations, ORLAN a présenté son parcours créatif sous ses multiples aspects. Cette rencontre a également été l’occasion d’entendre les positions de l’artiste quant à son rapport au corps, aux normes de genre et à la construction identitaire de la femme. Elles@centrepompidou vous invite ici à découvrir la vidéo de la conférence d’ORLAN en exclusivité!
De plus, sachez que vous pouvez consulter “le baiser de l’artiste”, œuvre qui a rendu ORLAN célèbre, sur la fresque du site elles.centrepompidou.fr.

Maria Klonaris et Katerina Thomadaki sont deux artistes interdisciplinaires, plasticiennes, photographes, cinéastes, théoriciennes, créatrices d’installations et de performances. Originaires d’Athènes, elles travaillent ensemble à Paris depuis 1975 et ont composé une œuvre d’avant-garde, mariant réflexion féministe et expérimentation artistique. Au carrefour entre sciences humaines et arts de l’image, elles interrogent le corps, le genre et l’identité féminine sous tous leurs aspects. En déployant une approche hybride et transversale, elles construisent une esthétique singulière et envoutante, au potentiel critique explosif.

Au milieu des années 70, les deux artistes explorent le cinéma expérimental et inventent le cinéma corporel, visant à donner forme à la «dimension politique de l’identité féminine» - le corps, à la fois biologique, charnel et fruit d’une construction sociale. A travers l’invention de dispositifs nouveaux, la démultiplication des espaces de projection, le cinéma se fait à la fois outil de création et outil de contestation, dans lequel le corps s’incarne, devient médium, investissant le temps et l’espace à travers un labyrinthe d’images fixes ou mouvantes.

Dans le premier volet de leur Tétralogie corporelle (1976-1979), intitulé Double-Labyrinthe, les deux artistes se filment tour à tour, laissant éclore un double autoportrait : sujet regardant et objet regardé se confondent en un seul regard, abolissant les rôles de pouvoir traditionnels du cinéma. Cette rencontre entre le même et l’autre, l’identité et l’altérité permet de mettre en relief les résonances imaginaires, symboliques et inconscientes du corps féminin. Les deux artistes donnent ainsi naissance à un «cinéma du corps révolté mais aussi sublimé, ritualisé, traversé par la réapparition du multiple, du baroque, du magique, de l’archaïque, lieu passionné de la manifestation du dedans, espace mental, imaginaire et projectif.»

Nous vous invitons à découvrir la vidéo de Double-Labyrinthe, accompagnée d’un texte de présentation rédigé par les deux artistes en 1976.

A découvrir sur le blog “elles” le film « UNE PEINTURE IMPURE à partir et au-delà d’Anna-Eva Bergman » (Fondation Hartun/Bergman 2002) conçu et réalisé par Ceacilia Tripp (artiste) et Jean- Christophe Royoux (historien de l’art). Il s’agit d’un essai qui ne relève ni du documentaire de vulgarisation, ni d’une synthèse de connaissances minutieusement vérifiées sur l’œuvre d’Anna-Eva Bergman.
La caractéristique du discours dont il s’agit, relève d’une parole non-savante donc risquée, formulée par un critique d’art et reformulée par une artiste engagés l’un et l’autre, à partir de deux lieux différents, dans la réflexion et la pratique de l’art d’aujourd’hui.
La pratique de peintre d’Anna-Eva Bergman qui aura durée un demi-siècle, fonctionne dans ce projet comme un chemin de traverse pour interroger l’aujourd’hui, le maintenant.
L’art que l’on dit « abstrait », dont Anna-Eva Bergman proposa l’une des multiples versions possibles, est le fil conducteur du propos. L’enjeu est double : faire naître une (des) parole(s) inédite(s) sur une forme artistique majeure du XXe siècle à partir de l’œuvre d’une artiste mal connue ; mais aussi révéler la particularité discursive d’un genre – le discours critique – en inventant un format susceptible de déplacer ses modalités d’énonciation habituelles. La règle est simple : un duo (un critique, une artiste/cinéaste) invente une forme pour dire quelque chose sur leur conception de l’art à partir du point de départ que constitue l’œuvre d’Anna-Eva Bergman.
La vidéo “Une Peinture impure” est accompagnée d’un texte biographique écrit par Mlle Annie Claustres, maître de conférence en art contemporain à l’université Lumière Lyon 2.

D’origine marocaine, Nadjia Mehadji est née à Paris en 1950. Au début des années 1970, elle étudie les arts plastiques et l’esthétique à la Sorbonne, et s’engage également dans des recherches sur le théâtre contemporain qui l’amèneront à s’ouvrir à d’autres disciplines (musique et architecture), et à mettre en question les médiums traditionnels de l’art, telle la peinture sur toile, dans de nombreuses expositions et performances. Elle vit et travaille aujourd’hui entre Paris et Essaouira au Maroc.

Le 23 avril 2009, quelques semaines après leur action au FRAC Ile de France, La Barbe intervient à la Force de l’Art, la triennale française d’art contemporain.
 
 
 
 
 
Elles publient à cette occasion le tract suivant - d’une ironie très barbue :
 ”Le Ministère de la Culture et de la Communication, le Centre National des Arts Plastiques et la Réunion des [...]

La Barbe est un groupe activiste féministe dont le mode d’action consiste à s’introduire dans des lieux de pouvoir tenus par des hommes en portant une barbe postiche, pour les féliciter, ironiquement, d’en avoir évincer les femmes.

Professeure honoraire au Collège de France, spécialiste des sociétés africaines et amérindiennes, Françoise Héritier y a dirigé le laboratoire d’anthropologie sociale après son mentor Claude Lévi-Strauss.

Ethnographe et anthropologue de renommée internationale, elle a poursuivi son exploration des structures élémentaires de la parenté du côté d’une réflexion sur l’exercice de la parenté, d’une anthropologie du corps et de la violence, d’une socio-analyse de l’inceste et d’une théorie critique de la domination masculine.

« Mais tous les anciens genres littéraires s’étaient durci et avaient pris une forme définie avant que la femme devint écrivain. Seul le roman était assez jeune pour être malléable entre ses mains - autre raison peut-être qui lui fit écrire des romans », répond Virginia Woolf, sous forme de livre (Une chambre à soi, 1929), à une question posée sur « les femmes et le roman » en 1929.

Peintre née en 1943 dans le Tarn, Monique Frydman étudie à l’école des beaux-arts de Toulouse, puis entre aux Beaux-Arts à Paris en 1964. Après une période consacrée à la politique, elle reprend son activité de peintre.

L’exposition « Whisper » a eu lieu à la Verrière Hermès de Bruxelles du 26 septembre au 15 novembre 2008.