Visites d'atelier

“Au revoir, merci, bonne journée” est une oeuvre de Valérie Mréjen, réalisée en 1997, elle est représentative de la pratique de cette artiste qui épingle les clichés et les phrases toutes faites. Depuis plus de dix ans, elle mutliplie les moyens d’expression: vidéos, photographies et écrits pour explorer l’intime, le langage, des thèmes universels dans lesquels chacun peut se retrouver. D’abord partie de ses propres souvenirs, Valérie Mréjen questionne à présent les autres sur leurs histoires. Elle a réalisé deux documentaires “Pork and Milk” (2004) et “Valvert” (2010). Elle prépare actuellement un long-métrage.
elles@centrepompidou a choisi de rencontrer cette artiste singulière.

De 1997 à 2004 vous avez réalisé 26 vidéos construites d’après le même principe : un scénario assez bref, basé sur un de vos souvenirs joué par des acteurs d’une manière très neutre, le tout filmé comme une déposition en plan fixe. Mais à partir de 2000 avec la trilogie : “Des larmes de sang”, “La Poire” et “Elisabeth”, vous avez décidé de changer de démarche et de laisser la parole aux autres, pourquoi et comment s’est fait ce changement ?

Au début, je suis partie de mes propres histoires, de mes souvenirs pour les scénariser. Je me suis inspirée de situations que j’avais traversées, qui, dans le fond n’avaient rien d’exceptionnel. J’avais écrit des petits dialogues et j’ai essayé d’en faire des scénarios assez courts. Le fait de les faire jouer par des acteurs, c’était une manière d’accepter, d’aimer ces souvenirs qui n’étaient pas très agréables. . Cela me permettait de prendre de la distance avec eux et de faire venir des gens qui allaient les interpréter à leur manière, qui allaient y ajouter autre chose. Comme j’ai fait beaucoup de vidéos sur ce modèle, à partir d’un certain moment j’ai vu la limite de cette série. C’était également une forme assez contrainte dans sa durée, avec des scènes très courtes, des plans séquences etc.
Le fait de faire parler les gens m’a amenée sur un terrain tourné davantage vers l’individu. Cela me permettait de créer un effet de miroitement, en ce sens que, la façon dont les gens racontent leurs souvenirs ou anecdotes, cela nous touche et nous rappelle des situations que nous avons tous vécues.
C’est comme si j’étais d’abord partie de mes propres souvenirs, angoisses ou anecdotes pour ensuite accepter d’interroger les autres sur les mêmes sujets.

Vanitas - Robe de chair pour albinos anorexique de Jana Sterbak (1987) est exposée dans la section Corps Slogan de l’accrochage. Cette élégante « robe de chair » est posée sur un mannequin métallique, comme dans une boutique de luxe.

De loin, on croit voir une robe coupée dans un cuir tanné et rugueux ; de près, le cuir se révèle être de la viande séchée et salée : des grains de gros sel s’accrochent dans les aspérités de la viande. L’œuvre attirante de loin sur son mannequin provoque parfois de près dégoût et rejet : une robe haute couture se change en écorché. Chair humaine, viande animale, et peau aussi, car la robe épouse les courbes du mannequin.

Cette œuvre mélange différents ordres : celui de l’enveloppe corporelle puisque c’est à la fois un vêtement et une peau, et celui de l’épaisseur charnelle du corps.