À l’heure où les collections permanentes sont l’objet de nouvelles interrogations, l’exposition « elles@ » propose dès septembre un troisième accrochage, nouvelle rotation qui a pour ambition de favoriser la pluralité des démarches, le renouvellement des regards portés sur les œuvres, mais aussi d’ouvrir son champ d’investigation vers des « ailleurs », des « possibles » voire même des « espaces imaginaires » et des « mascarades ». La réactivation de l’accrochage fait suite au grand nombre de visiteurs recensé depuis l’ouverture de l’exposition au public en mai 2009. Elle valorise les acquisitions récentes du musée, insufflant aux collections, un nouveau regard conjugué au féminin.

Elle s’inscrit dans une politique plus large du Musée national d’art moderne visant à promouvoir l’acquisition d’œuvres d’artistes actuels, mis à l’honneur par des prix d’envergure internationale, tels Ida Tursic et Wilfried Mille, lauréats du prix de la fondation Ricard en automne 2010, l’artiste belge Catharina Van Eetvelde, récompensée par le prix de dessin contemporain Guerlain, ou encore Camille Henrot, en compétition pour le prix Marcel Duchamp 2010.

En plus de ces artistes en plein essor, l’accrochage a la chance de présenter des pièces de figures proues de l’histoire de l’art, comme Véra Molnar, Charlotte Posenenske, Aurélie Nemours ou encore Tania Mouraud et Sherrie Levine.

L’accrochage propose notamment d’élargir les champs de visions de l’art contemporain et de l’art féministe en parcourant de nouveaux paradigmes. De nouvelles salles permettent d’en explorer les abords, comme la salle « Da adversidade vivemos/ De l’adversité nous vivons », dont le titre est tiré du Schéma de la nouvelle objectivité d’Hélio Oiticica, et qui réunit un ensemble d’œuvres d’artistes pionnières latino-américaines de la décade 1960-1980, comme Lygia Clark (Brésil, 1920), Leticia Parente (Brésil, 1930), Rosângela Rennó (Brésil, 1962), ou encore Marta Minujin (Argentine, 1943) et Margarita Paksa (Argentine, 1936) entérinant l’ère d’un nouvel « art action » résolument engagé en Amérique latine. Ou encore la salle «  écritures illisibles » consacrée aux graphies de Mirtha Dermisache et d’Irma Blank, dont les « Libros » et « Eigenschriften » (écritures pour soi) viennent d’être acquis par le musée, requestionnant le rapport texte-image. Enfin l’ensemble « féminin-masculin » sonde les glissements qui surgissent parfois des frontières accordées à la question du genre, à travers des œuvres de Duchamp, Man Ray ou encore Michel Journiac.

Su-Mei Tse, L'Echo, 2003, installation vidéo, Coll. Centre Pompidou

Su-Mei Tse, L'Echo, 2003, installation vidéo, Coll. Centre Pompidou

La richesse de la donation de l’association Camille, recensant une collection d’œuvres d’artistes plasticiennes majeures, permet d’étayer un regard pluriel qui tisse des liens ténus entre différentes générations d’artistes, en commençant par les pionnières : Aurélie Nemours, Bracha Lichtenberg Ettinger, Tania Mouraud. Les œuvres de Nancy Spero, Catharina Van Eetvelde ou Birgit Jürgenssen, récemment acquises par le musée, côtoient celles de Marlène Dumas, ou encore ORLAN. L’accrochage présentera une œuvre exceptionnelle prêtée par le FNAC , Les Vêtements d’Hiroshima de Marie-Ange Guilleminot, répliques de tissu blanc, sortes de « commémorations mobiles » des dépouilles des victimes de la bombe A.

Des œuvres monumentales et installations sont mis à l’honneur au sein de ce nouveau parcours, parmi lesquelles Les Cages de Camille Henrot,  L’Echo de Su-Mei Tse, ou encore l’installation vidéo d’Alice Anderson intitulée Barbe bleue.

Milena Paez

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