MOT-CLEF :   amerique-latine

À l’heure où l’Argentine fête le Bicentaire de la révolution de 1810, qui initia le processus de son indépendance, les institutions et foires contemporaines n’ont jamais autant propulsé et acclamé ses artistes. Cette année, les « rencontres de photographies d’Arles » nous proposent un parcours axé sur la célébration de cet événement (Léon Ferrari, Marcos Adandia, Leandro Berra, Marcos Lopez, Sebastiano Mauri, Gabriel Valansi étaient invités, dans le cadre du Bicentenaire, pour représenter l’Argentine). De l’autre côté des Pyrénées, à Alcalá de Henares en Espagne, PHOTOESPAÑA consacrait une rétrospective à la photographe argentine, Adriana Lestido. Sans toutefois se laisser tenter par un cloisonnisme catégorique, il convient d’accorder à toute une génération d’artistes argentins une nécessité d’ « Art-action ». Car effectivement, un art de résistance et d’insubordination intriquant corps et politique, s’est emparé plus globalement, depuis les années 1960, du continent latino-américain. De là, s’origine l’émergence, principalement depuis les années 80, d’un très grand nombre d’artistes plasticiennes, performeuses et vidéastes, œuvrant depuis le même lieu, intégrant à leur travail la dimension du genre, de la sexualité et de l’identité culturelle. Chacun de ces artistes argentins vit à sa manière l’intrication du corps et du social, du corps et du politique, dans un souci de reconnaissance luttant contre l’oubli. La « mémoire » s’inscrit comme pilier dans un pays touché à vif, subissant encore aujourd’hui les séquelles d’une dictature sanglante.

A l’occasion de l’exposition elles@centrepompidou, le cinéma du Musée propose un cycle consacré à l’oeuvre de femmes cinéastes qui ont marqué l’histoire des images en mouvement. Lors de la séance Art-Action Féministe, la structure de production du Peuple qui manque montrait une sélection de vidéoperformances féministes latino-américaines. La projection, qui a eu lieu le mercredi 17 juin, offrait un aperçu de la scène contemporaine en Amérique Centrale autour d’une poignée d’artistes performeuses s’intéressant au genre et aux identités culturelles. Maria Adela Diaz revient dans cet entretien sur Borderline, une vidéo issue d’une performance à haut risque : elle est en effet enfermée dans une caisse en bois à la dérive sur la mer.

Les actions de Sandra Monterroso, performeuse et vidéaste guatémaltèque née en 1974, sont le lieu d’un conflit entre émancipation et tradition culturelle. Ses vidéoperformances sont la trace d’une auto-prise de conscience, d’un travail de sabotage des prescriptions sociales et du passage entre plusieurs mondes (source Le Peuple qui manque).

En lien avec la Programmation.

Mercredi 17 juin, 19h, “Art-action féministe”, un programme réalisé en partenariat avec le Peuple qui manque.

Camille Laurens
“Lectures au musée”, par l’écrivain Camille Laurens
Lundi 15 juin / 19h30

Art-Action Féministe
jeudi 17 juin / 19h00
Cinéma 2
Vidéoperformance féministe contemporaine en Amérique latine.
Programme conçu par Le Peuple qui Manque.