MOT-CLEF :   elles

Internationalement connue pour ses actions et performances subversives, ORLAN est une artiste française majeure. Ces dernières années, des expositions rétrospectives lui ont été consacrées dans tout le pays, retraçant différents aspects de son Œuvre : en 2002, sous la direction du commissaire d’exposition Jean-François Taddéi, le FRAC des pays de la Loire lui dédie une rétrospective, suivie en 2004 de deux autres au Centre national de Photographie (organisée par Régis Durand) et au CCC de Tours, sous la direction du commissaire Alain Julien Laferrière. Une exposition rétrospective sera notamment organisée dans sa ville natale, au musée d’art moderne de Saint Etienne, en 2007, déployée par Lorand Hegyi sur 2000m2, ainsi qu’une exposition personnelle à l’abbaye de Maubuisson en 2010. Les œuvres d’ORLAN, nombreuses au sein de la collection contemporaine du Musée National d’art moderne, évoquent les « performances » réalisées par l’artiste dans les années soixante : (« MesuRages d’institutions », robe faisant office de « pièce à conviction », les « traces » de ces actions, photographies et films relatifs au « Baiser de l’artiste », ou encore photographie extraite de la série baroque des vierges « Vierge blanche au nuage de plastique Bulle », de 1984.). ORLAN s’empare de différents médiums et techniques : performances, séries photographiques digitales, mode, sculpture, peinture, vidéo, avec des thèmes et variations qu’elle réinvestit sans cesse. Nous reparcourons alors, avec elle, ces années d’intenses quêtes et requêtes pour tenter de dénoncer ce qu’elle appelle : une « fabrique du consentement ».

À l’heure où l’Argentine fête le Bicentaire de la révolution de 1810, qui initia le processus de son indépendance, les institutions et foires contemporaines n’ont jamais autant propulsé et acclamé ses artistes. Cette année, les « rencontres de photographies d’Arles » nous proposent un parcours axé sur la célébration de cet événement (Léon Ferrari, Marcos Adandia, Leandro Berra, Marcos Lopez, Sebastiano Mauri, Gabriel Valansi étaient invités, dans le cadre du Bicentenaire, pour représenter l’Argentine). De l’autre côté des Pyrénées, à Alcalá de Henares en Espagne, PHOTOESPAÑA consacrait une rétrospective à la photographe argentine, Adriana Lestido. Sans toutefois se laisser tenter par un cloisonnisme catégorique, il convient d’accorder à toute une génération d’artistes argentins une nécessité d’ « Art-action ». Car effectivement, un art de résistance et d’insubordination intriquant corps et politique, s’est emparé plus globalement, depuis les années 1960, du continent latino-américain. De là, s’origine l’émergence, principalement depuis les années 80, d’un très grand nombre d’artistes plasticiennes, performeuses et vidéastes, œuvrant depuis le même lieu, intégrant à leur travail la dimension du genre, de la sexualité et de l’identité culturelle. Chacun de ces artistes argentins vit à sa manière l’intrication du corps et du social, du corps et du politique, dans un souci de reconnaissance luttant contre l’oubli. La « mémoire » s’inscrit comme pilier dans un pays touché à vif, subissant encore aujourd’hui les séquelles d’une dictature sanglante.

À l’heure où l’Argentine fête le Bicentaire de la révolution de 1810, qui initia le processus de son indépendance, les institutions et foires contemporaines n’ont jamais autant propulsé et acclamé ses artistes. Cette année, les « rencontres de photographies d’Arles » nous proposent un parcours axé sur la célébration de cet événement (Léon Ferrari, Marcos Adandia, Leandro Berra, Marcos Lopez, Sebastiano Mauri, Gabriel Valansi étaient invités, dans le cadre du Bicentenaire, pour représenter l’Argentine). De l’autre côté des Pyrénées, à Alcalá de Henares en Espagne, PHOTOESPAÑA consacrait une rétrospective à la photographe argentine, Adriana Lestido. Sans toutefois se laisser tenter par un cloisonnisme catégorique, il convient d’accorder à toute une génération d’artistes argentins une nécessité d’ « Art-action ». Car effectivement, un art de résistance et d’insubordination intriquant corps et politique, s’est emparé plus globalement, depuis les années 1960, du continent latino-américain. De là, s’origine l’émergence, principalement depuis les années 80, d’un très grand nombre d’artistes plasticiennes, performeuses et vidéastes, œuvrant depuis le même lieu, intégrant à leur travail la dimension du genre, de la sexualité et de l’identité culturelle. Chacun de ces artistes argentins vit à sa manière l’intrication du corps et du social, du corps et du politique, dans un souci de reconnaissance luttant contre l’oubli. La « mémoire » s’inscrit comme pilier dans un pays touché à vif, subissant encore aujourd’hui les séquelles d’une dictature sanglante.

« Qu’est-ce qui délimite une œuvre ? Par quel geste inaugure t’elle son territoire, met-elle en scène ses limites, trace-t-elle son périmètre d’exploration ? Quels sont les contours de ce périmètre » ? le travail de Camille Henrot, à forte portée anthropologique, ne tranche pas, ne semble pas vouloir répondre à ces interrogations de « frontières » mouvantes assignées à l’œuvre d’art, soulevées par Nicolas Bourriaud . Loin d’apporter des réponses préconçues, sa quête artistique navigue à la découverte de « nouveaux mondes », d’ « utopies réalisables » proches et lointaines. Mise à l’honneur par sa participation à deux expositions hors pair cet été, « DYNASTY » (regroupant un échantillon d’artistes de la jeune génération française), au palais de Tokyo et Musée d’art moderne, et « Perspectives », à l’espace Culturel Louis Vuitton, Camille Henrot attire tous les regards. Elle est en liste pour le prix « Marcel Duchamp » 2010, visant à confirmer la notoriété grimpante de l’artiste. Le Centre Pompidou vient d’acquérir une de ses installations, Les Cages, qui ponctuera le nouvel accrochage de l’exposition « elle@ » à partir de Septembre.

Dans le cadre de l’exposition monographique consacrée à l’artiste américaine Eva Hesse, la fondation Tapiès de Barcelone attire notre regard sur des œuvres préparatoires de l’artiste, peu montrées jusque là. « Studiowork », « travail d’étude » permet de mieux entreprendre les enjeux du bouleversement que connut la sculpture à l’aube des années soixante. Les matériaux se destinent à de nouvelles expérimentations novatrices ; chaque partie nécessite une attention propre, attribuant au médium son autonomie primordiale. L’exposition réunit pour la première fois une cinquantaine de pièces dispersées au sein de collections publiques et privées à travers le monde. Des miniatures jusqu’aux œuvres réalisées en papier mâché à la fin des années 60, déposées de façon posthume, à la mort de l’artiste dans de petites boîtes rehaussées de couleurs, l’exposition contribue à rendre publiques des œuvres inédites, sorties de l’oubli.

À l’occasion de la présentation thématique des collections « elles@centrepompidou », l’association Camille a émis le souhait de faire une donation de l’ensemble de sa collection au Mnam. Composée de 38 œuvres, la collection comprend plusieurs pièces majeures de l’histoire de la création des femmes artistes (Sophie Calle, Rebecca Horn, Véra Molnar, Aurélie Nemours, Louise Nevelson, ORLAN, Gina Pane, etc.). L’association Camille a été fondée en 1985 avec l’aide des Ministères du Droit des Femmes, de la Culture, et du mécénat privé. Composée d’amateurs d’art, elle s’est constituée dans le but de promouvoir et de favoriser la création des femmes artistes. Fort de cette volonté, elle a choisi son appellation en l’honneur de Camille Claudel. Nous avons eu l’occasion de rencontrer une des femmes à l’origine de ce projet, Marie-Claire Valène, co-fondatrice de l’association Camille.

“Au revoir, merci, bonne journée” est une oeuvre de Valérie Mréjen, réalisée en 1997, elle est représentative de la pratique de cette artiste qui épingle les clichés et les phrases toutes faites. Depuis plus de dix ans, elle mutliplie les moyens d’expression: vidéos, photographies et écrits pour explorer l’intime, le langage, des thèmes universels dans lesquels chacun peut se retrouver. D’abord partie de ses propres souvenirs, Valérie Mréjen questionne à présent les autres sur leurs histoires. Elle a réalisé deux documentaires “Pork and Milk” (2004) et “Valvert” (2010). Elle prépare actuellement un long-métrage.
elles@centrepompidou a choisi de rencontrer cette artiste singulière.

De 1997 à 2004 vous avez réalisé 26 vidéos construites d’après le même principe : un scénario assez bref, basé sur un de vos souvenirs joué par des acteurs d’une manière très neutre, le tout filmé comme une déposition en plan fixe. Mais à partir de 2000 avec la trilogie : “Des larmes de sang”, “La Poire” et “Elisabeth”, vous avez décidé de changer de démarche et de laisser la parole aux autres, pourquoi et comment s’est fait ce changement ?

Au début, je suis partie de mes propres histoires, de mes souvenirs pour les scénariser. Je me suis inspirée de situations que j’avais traversées, qui, dans le fond n’avaient rien d’exceptionnel. J’avais écrit des petits dialogues et j’ai essayé d’en faire des scénarios assez courts. Le fait de les faire jouer par des acteurs, c’était une manière d’accepter, d’aimer ces souvenirs qui n’étaient pas très agréables. . Cela me permettait de prendre de la distance avec eux et de faire venir des gens qui allaient les interpréter à leur manière, qui allaient y ajouter autre chose. Comme j’ai fait beaucoup de vidéos sur ce modèle, à partir d’un certain moment j’ai vu la limite de cette série. C’était également une forme assez contrainte dans sa durée, avec des scènes très courtes, des plans séquences etc.
Le fait de faire parler les gens m’a amenée sur un terrain tourné davantage vers l’individu. Cela me permettait de créer un effet de miroitement, en ce sens que, la façon dont les gens racontent leurs souvenirs ou anecdotes, cela nous touche et nous rappelle des situations que nous avons tous vécues.
C’est comme si j’étais d’abord partie de mes propres souvenirs, angoisses ou anecdotes pour ensuite accepter d’interroger les autres sur les mêmes sujets.

« Je suis intéressée par l’art qui dérange et qui pousse la représentation du danger. »
Depuis plus de trente ans Marina Abramovic ne cesse en effet, de pousser et de repousser les limites du danger. Prenant comme médium et sujet de réflexion le corps, elle s’est infligée les pires souffrances : elle s’est entre autre tailladée le ventre, s’est allongée des heures sur un bloc de glace, a avalé des psychotropes… Le MoMA a consacré il y a quelques mois, une grande rétrospective à cette artiste hors norme, retraçant ses performances les plus marquantes, l’occasion aussi pour Marina Abramovic d’exécuter la performance la plus longue de sa carrière. Figure emblématique du Body Art, elle ouvrira en 2012 les portes de l’Institut des Arts de la Peformance à New York.
L’occasion de s’intéresser à son parcours et aux œuvres présentes dans l’acrrochage d’elles@centrepompidou.

Ce jeudi 3 Juin “Films de danse” vous propose la projection de trois films cinématographiques relatifs au travail des chorégraphes : Régine Chopinot, Catherine Diverrès et Mathilde Monnier.

Le cycle « Vidéodanse » - « Films de danse » du Centre Pompidou est consacré cette année aux femmes chorégraphes, en écho aux artistes présentées dans l’accrochage « elle@centrepompidou ». Le cycle se proposait d’inaugurer son agenda annuel, en présentant les œuvres de chorégraphes ou interprètes pionnières de la modernité dans le domaine de la danse : Mary Wigman, Martha Graham, Anna Halprin, Yvonne Rainer, afin d’aborder l’insufflation moderniste que connut l’évolution de la chorégraphie au cours du siècle. Aux Etats-Unis, la critique postmoderne va permettre de désenclaver la discipline afin d’envisager une approche dialectique et perméable proche des expérimentations performatives des artistes avant-gardistes de l’époque. Les artistes Trisha Brown, Pina Baush, Odile Duboc ou Maguy Marin, à travers différents langages chorégraphiques, proposent d’élargir le champ des possibilités déclenché par la danse moderne, pour mieux attirer le regard sur le monde.
Dans les années 80, le paysage chorégraphique français connaît de grandes mutations. Entre 1980 et 1990, les courants essaiment et se croisent dans une effervescence créative novatrice. De « nouvelles tendances » émergent. Les femmes chorégraphes investissent massivement la scène artistique internationale jusque là majoritairement modelée par d’imposantes figures masculines : Serge Diaghilev, Vaslav Nijinski, Merce Cunningham. Les chorégraphes Mathilde Monnier, Régine Chopinot et Catherine Diverrès appartiennent à cette génération charnière émergée des années 80, et dont l’investigation explore les antres d’une discipline extirpée de son lourd devoir de « représentation ». Le regard pluriel du chorégraphique permet en même temps que l’émancipation du corps des danseurs, la réévaluation de la gestuelle, comme langage à part entière. Les épigones des pionniers américains laissent place à des discours désencombrés des modèles importés, « empruntés », bousculant de ce pas, notre façon d’envisager la danse désormais imprégnée de théâtralité et privilégiant la finesse de l’écriture. Ainsi l’impulsion avant-gardiste française de ces années semble t’elle tenir moins de la recherche physique que de la réflexion intellectuelle.

Jeudi 3 Juin - 20H - Cinéma 2

Toute une vitrine de la section “Immatérielles” est consacrée aux artistes femmes du groupe FLUXUS. Le regroupement de témoignages hétéroclites de premier ordre permet d’insister sur la fusion des formes opérée par le groupe. La vitrine FLUXUS de l’accrochage “elles” rassemble les traces inédites des “happenings”, véritables marques de fabrique du groupe qui considère l’art comme “attitude”, tout en coexistant avec des formes aussi variées que des “boîtes” héritées de l’esprit duchampien, mais aussi cartons d’invitations, tracts, affiches, notebooks, pochettes de disque… Vitrine qui juxtapose des témoignages tanguant entre l’art et la vie, recherches expérimentales, musicales, oeuvres-objets et publications diverses; autant de traces qui soulignent les échanges fructifiants des différentes pratiques artistiques du groupe.

A découvrir, parmi ces riches éléments provenant majoritairement des fonds de la Bibliothèque Kandinsky, des oeuvres de Takako Saito, Yoko Ono, Laurie Anderson, Mieko Shomi, Alison Knowles…