MOT-CLEF :   expositions

Du 6 juillet au 16 septembre, le “Passage de Retz” organise une double exposition consacrée à “une collection privée de bijoux ” d’artistes célèbres (Dali, Miro, Picasso, Louise Bourgeois, Kiki Smith, Louise Nevelson) - intitulée “Bodyguard”, et une série d’oeuvres miniatures de l’artiste Sheila Hicks, “Hors normes-Sculptures textiles” ainsi que quatre sculptures et une installation de lianes tubulaires surprenantes, en adéquation avec la clarté de l’espace d’exposition…

Une rétrospective est consacrée à Niki de Saint Phalle au château de Malbrouck jusqu’au 29 aout. Cette exposition a le mérite de présenter un ensemble de 130 œuvres de l’artiste, d’une grande hétérogénéité (peintures, projections vidéos, sculptures, sérigraphies), dans un cadre hors-norme. Alors que l’exposition « elles@ » s’ouvre par deux œuvres d’une grande symbolique, La Crucifixion et La Mariée, l’exposition du château de Malbrouck nous immisce dans l’antre fantastique de son travail, en nous proposant d’emblée des œuvres plus tardives : Les “Trois grâces”, “Totems”, “La Fontaine aux nanas”, ou encore “Adam et Ève”. Les couleurs tourbillonnantes des Nanas nous happent d’entrée. L’éclatement des couleurs dans la cour du château donne un aspect mouvant à ces sculptures étincelantes. De la « Mariée » aux « Nanas », quelque chose s’est rompu. Dans la lignée directe de ce que souhaitais Niki de Saint Phalle, l’exposition de Malbrouck aménage un espace dans lequel les Nanas s’emparent du monde: « J’ai rêvé de Nanas multicolores et géantes, qui pourraient prendre place à l’extérieur, au milieu d’un parc ou d’une place. Je voulais qu’elles prennent le pouvoir sur le monde. » confie l’artiste. Après de longues années de silence, l’exposition actuelle revêt un caractère inédit, en rendant hommage à cette artiste pionnière du XXe siècle dont les institutions consacrent peu de monographies. La rétrospective se place sous le haut patronnage de la Niki Charitable Art Foundation, la Shimoni Gallery et les membres du Conseil général de la Moselle, avec la participation de Bloum Cardenas, petite fille de l’artiste.

Le Centre Pompidou organise, à partir de ce mercredi 23 juin 2010, une exposition inédite présentant les derniers travaux de la photographe Valérie Jouve. Le musée est la première grande institution parisienne à présenter une exposition personnelle de cette dernière, sous la direction du commissaire Quentin Bajac, conservateur et chef du cabinet de la photographie au Centre. Cet ensemble de photographies explore différentes dimensions de la présence de l’humain dans la ville. Valérie Jouve concentre ici son regard sur les communautés et populations arabes dans les territoires autonomes palestiniens. Inscrite dans une tradition photographique proche de celle de l’américain Walker Evans, Valérie Jouve saisit des figures entre image documentaire et mise en scène. “Donner à sentir ce que je sens. Je ne veux pas faire comprendre”, à travers cette phrase du “Journal de Palestine” publié à l’occasion de l’exposition, Valérie Jouve décrit une démarche intuitive. “En attente”, le titre de l’exposition évoque les moments de pause et les poses hors du temps qu’elle demande à ses personnages de réaliser. Basculant sans cesse entre réalité scrupuleuse et amorce fictionnelle, le travail de Valérie Jouve, dessine des territoires qui échappent à toute définition.

Il y a peu la galerie Chantal Crousel nous présentait les dernières créations de celle qui fit sensation au Centre Georges Pompidou en 1994 avec son installation “Corps étrangers” (1994) – à voir dans la section « une chambre à soi » de l’accrochage « Elles » au niveau 4. Comme à son habitude, et pour notre plus grand plaisir ou effroi, l’artiste détourne les objets du quotidien en se jouant des échelles et des matériaux, plaçant alternativement le spectateur dans un état d’émerveillement et de stupeur. Ainsi sont associés des objets du quotidien comme des cheveux, des meubles… à des éléments de l’espace public comme des fils barbelés, boulets de canon…. Mona Hatoum se plaît à corrompre les objets du quotidien pour en révéler la violence et l’insécurité latente. Nous retrouvons dans cette exposition les leitmotive de l’artiste : les cartes géographiques (Routes V, 2008 ; 3-D Cities, 2008), les toiles et les grilles (Impenetrable, 2009 ; Hair Grids with Knots, 2006), les ampoules (Natura morta, 2010). Ces associations aux accents de confrontations puissantes perturbent la lecture du spectateur qui se perd dans la toile que tisse et défait l’artiste.

L’artiste Geneviève Asse est à l’honneur en ce début d’année 2010. Après une grande rétrospective au musée des Beaux-arts de Rouen (26 novembre 2009-28 février 2010) c’est au tour de la Galerie Catherine Putman, qui édite depuis 1990 ses gravures, de lui consacrer pour la première fois une exposition monographique. Cette dernière, intitulée “Impressions”, réunie une trentaine d’oeuvres récentes de petits formats (huiles sur papier, huile sur toile, collages), qui forment de véritables expériences de lumière et d’espace. A découvrir donc jusqu’au 6 mars à la Galerie Catherine Putman située 40 rue Quincampoix à Paris.

Après les Etats-Unis, avec Wack! Art and The Feminist Revolution et Global Feminisms et la France avec elles@centrepompidou, c’est au tour de la Grande Bretagne de mettre à l’honneur les artistes femmes, avec en ce moment l’exposition The Body in Women’s Art Now à la Rollo Contemporary Art de Londres.

A la faveur d’une visite avec se classe de 3ème du collège Jacques Offenbach de Saint-Mandé, Catherine Grabowski, professeur agrégée d’arts plastiques nous fait part des réactions de ses élèves.

Les témoignages de jeunes élèves, d’étudiants ou de novices ont toujours ceci d’intéressant qu’ils nous renvoient aux a priori de la société dans laquelle nous vivons et parfois nous permettent de poser un nouveau regard sur les oeuvres.

Il est aujourd’hui difficile d’ignorer la montée en puissance des artistes femmes sur la scène internationale. Majoritaires dans les écoles d’art, celles-ci s’affirment peu à peu dans un marché jusque-là essentiellement masculin. Les institutions muséales commencent très timidement à reconnaître leur travail (monographie d’artistes femmes, expositions sur l’art féministe, etc.) ; des travaux universitaires commencent à leur être consacrés et récemment un ouvrage synthétique écrit à deux mains par C. Gonnard et E. Lebovici, fait sortir de l’ombre un grand nombre d’entre elles (Femmes artistes/Artistes femmes. Paris 1880 à nos jours, Hazan, 2007).
Les femmes artistes sont pourtant encore largement sous-représentées dans les collections des grands musées (moins de vingt % dans les collections du Mnam, 30 % des acquisitions ces cinq dernières années) et les revendications des Guerrilla girls -ce groupe d’artistes anonymes qui placardent des affiches sur les murs de New York dénonçant la faible présence des artistes femmes dans les musées : « 3% d’artistes femmes au Met contre 83% de nus féminins »- sont encore d’une étonnante actualité. Bien qu’en légère amélioration, le sort des femmes artistes, surtout lorsqu’elles ont au début de leur carrière, est encore parsemé d’embuches.

Femmes d’un jour fait partie de la petite trentaine d’expositions réalisées par le CCI en 1977. Cette exposition engagée, en prise directe avec les mouvements féministes et même avec certaines pratiques artistiques féministes des années 1970, vise en fait deux objectifs : montrer le hiatus entre la féminité rêvée des magazines et la réalité quotidienne des femmes, et s’appuyer sur ce constat pour démonter les stéréotypes associés à la féminité, qui s’avèrent non seulement préjudiciables aux femmes, mais inadéquats à la société moderne, aliénants parce qu’illusoires.