MOT-CLEF :   genre-et-societe

“L’Iran dévoilé par ses artistes” est la conférence évènement à laquelle vous conviait le Centre Georges Pompidou vendredi 7 mai. Cette conférence exceptionnelle organisée en collaboration avec la revue “art press”, – un numéro spécial sur l’Iran est disponible dans les kiosques – réunissait un certains nombre de critiques d’art et de commissaires pour nous initier à la nouvelle vague d’artistes iraniens qui déferlent sur la scène artistique mondiale. Après les artistes chinois et indiens voici venu le temps des artistes iraniens, nourrissant ainsi un marché de l’art qui a besoin de nouveauté pour s’entretenir. L’art Iranien ne serait donc qu’une affaire de mode parmi d’autres. Rien n’est moins sûr. C’est en tout cas ce qu’ont tenté de prouver l’éditeur d’art Mahmoud Bahmanpour, les critiques d’art Alireza Samiazar et Rose Issa, l’artiste Neda Razavipour et le cinéaste Abbas Kiarostami. Accompagnée de l’historienne de l’art Catherine Millet, ces derniers se sont évertués à témoigner de la poésie et de la créativité d’une génération d’artistes devenue experte dans la production d’œuvres équivoques à l’ironie grinçante. Puisant dans l’expérience personnelle et dans la vie quotidienne, les artistes iraniens tirent le portrait d’une société en proie à un nombre considérable de paradoxes et de tabous, mais dont le désir « d’exister » et d’avenir est plus que vivace. Paradoxalement, les artistes femmes sont au premier plan de cette scène artistique pleine de surprises et bien représentée dans l’accrochage « elles » avec les œuvres de Shadi Ghadirian, Shirin Neshat, Sara Rahbar ou encore Ghazel.

Diane Arbus (née en 1923) est une des figures les plus marquantes de la “street photgraphie”. Initiée à la potographie par son mari Allan Arbus, ils travaillent en duo pour des magazines, tels que “Harper’s Bazaar” ou “Esquire” comme photographes de mode. Mais rapidement, peu satisfaite de son travail en tandem, elle acquiert son indépendance et décide de se perfectionner. Pour cela elle entre à la New School de New York où elle étudie la photographie avec Marvin Israel, Richard Avedon, mais c’est surtout sa rencontre avec Lisette Model qui sera décisive dans la carrière de Diane Arbus. Toutes deux partagent le même intérêt pour le monde de la nuit et les marginaux. C’est ce goût pour pour les personnages hors normes que nous invitent à comprendre la professeur Eléonore Antzenberger, qui après un merveilleux texte sur “Heartbeat” de Nan Goldin nous fait le plaisir d’un nouveau texte sur Diane Arbus, intitulé “Un Portrait américain à rebours”

A la faveur d’une visite avec se classe de 3ème du collège Jacques Offenbach de Saint-Mandé, Catherine Grabowski, professeur agrégée d’arts plastiques nous fait part des réactions de ses élèves.

Les témoignages de jeunes élèves, d’étudiants ou de novices ont toujours ceci d’intéressant qu’ils nous renvoient aux a priori de la société dans laquelle nous vivons et parfois nous permettent de poser un nouveau regard sur les oeuvres.

La notion de genre, introduite en France par des folles à la fin du XXe siècle (glorieuse période des drag-queens) et revitalisée par le queer américain prend un chemin traditionnellement féministe où les questions homosexuelles et particulièrement masculines sont de nouveau mises sous le boisseau. Après avoir beaucoup participé à la popularisation de cette première mouture, Patrick Cardon, pour éviter tout malentendu et pour échapper définitivement aux nouvelles tentatives de réification, propose d’utiliser le terme et la notion universelle de trans-genre qui recouvrirait celles déconstructivistes de queer, de postcolonial, et d’études culturelles afin de donner intelligemment leurs places à TOUTES les diversités en dehors de tout binarisme et dans une prévision d’hybridité annoncée.

Mercredi 23 septembre / 19h30
Le genre ou le rôle social des sexes
Table ronde avec Elsa Dorlin, Sylvie Chaperon et Marika Moisseff, animée par Eric Fassin

Samedi 26 spetembre / 11h00
Promenades urbaines
Autour de l’œuvre de Makhi Xenakis
De 11h00 à 18h00
En compagnie de l’artiste.
Explorant des thématiques transversales telles que la limite, la périphérie, l’espace public, l’habitat, ces promenades urbaines proposent une lecture des formes architecturales, du design urbain et des différentes formes de la création qui marquent le paysage.

Voici une anecdote qui m’est arrivée lors d’un de mes voyages.
J’étais dans l’aéroport de Wellington et j’avais besoin d’aller aux toilettes. Ma première réaction, en voyant les deux portes, a été de me diriger vers celle de droite. Mais après quelques pas, je me suis arrêtée net, je ne croyais pas à ce que je voyais. J’ai tout d’abord cherché des yeux d’autres toilettes, des toilettes avec le symbole d’un personnage en jupe mais il n’y en avait décidément pas.

GENRE ET SOCIETE /

L’inclusion au risque de l’assignation à l’autrement ou la parité paradoxale

Réjane Sénac-Slawinski est chercheuse au CNRS dans l’Equipe de Recherche sur les Inégalités Sociales du Centre Maurice Halbwachs (CNRS - EHESS - ENS). Elle a été secrétaire générale de l’Observatoire de la parité. Ses travaux portent sur la place des femmes dans le champ politique.

Dans la création artistique comme en politique ou dans le management, le temps des femmes est-il venu ?
Cette interrogation - et non celle sur le temps de l’égalité - apparaît en filigrane dans le traitement médiatique, institutionnel, voire universitaire, de l’émergence, ou tout au moins du dévoilement, de femmes dans ces domaines.

GENRE ET SOCIETE /

Eric Fassin, sociologue, Ecole normale supérieure, s’intéresse à l’articulation des questions sexuelles et des questions raciales dans la société contemporaine. Ses travaux portent sur l’actualité : mariage homosexuel, parité, voile…

Il y a des femmes. C’est le féminisme qui le rappelle, au tournant des années 1970, aux Etats-Unis comme en France. Cette évidence n’en est pas une : on l’oublie aujourd’hui encore, dès qu’il s’agit de choses sérieuses – et donc un peu moins pour l’art ou la littérature. Qui se soucie de remarquer l’absence des femmes, et l’omniprésence des hommes, quand il s’agit de guerre, d’économie, de religion ou de football ? L’ordre sexué des choses va sans dire.
Le retour du féminisme s’inscrit dans le contexte historique des mouvements d’émancipation. Mais il n’en est pas seulement le prolongement ; il en révèle aussi les contradictions. La révolution n’était-elle pas, à son tour, chose trop sérieuse pour être confiée aux femmes ?