MOT-CLEF :   louise-bourgeois

Dans l’introduction à “Modern Women : Women Artists at the Museum of Modern Art” (Femmes Modernes : Artistes Femmes au Musée d’Art Moderne), un recueil d’essais nouvellement publié par le MoMA, Cornelia Butler affirme sa volonté d’explorer « comment les mouvements, les récits, et finalement les galeries et expositions de musées sont transformés dès que l’on introduit le genre comme catégorie »(1). Voilà précisément le projet d’une telle publication et des nombreuses manifestations qui l’accompagnent. Chaque département du MoMA a été en effet appelé cette année à organiser une exposition d’artistes femmes, donnant lieu à une soudaine visibilité de ces artistes au sein du MoMA, au risque de changer le récit dominant de l’histoire de l’art moderne. « Mind and Matter : Alternative Abstraction 1940s to Now, » une exposition de dessins, de livres illustrés et d’estampes, agrémentée de sculptures, a présenté un ensemble d’œuvres abstraites en opposition à la tradition dure et géométrique dominante(2). Les 12 artistes présentes dans l’exposition (dont 8 figurent dans l’exposition « elles ») explorent à travers l’art abstrait tout ce qui leur est personnel, vécu, concret, inspiré de leurs propres réalités physiques et psychologiques. Nous avons été en contact avec une des deux commissaires de l’exposition, Alexandra Schwartz, attachée de conservation au département Dessin.

A découvrir au cinéma “Louise Bourgeois : l’araignée, la maîtresse et la mandarine”, film documentaire réalisé par les critiques d’art Amei Wallach et Marion Cajori en salle depuis le 9 décembre. C’est ainsi l’occasion de pénétrer dans l’univers énigmatique d’une des icônes de l’art contemporain.

Louise Bourgeois (1911)

Née à Paris, Louise Bourgeois vit et travaille aux Etats-Unis depuis 1938. Sculpteur, elle garde néanmoins son attachement à l’image, peinte, gravée ou dessinée, par laquelle elle a commencé. Le dessin, qu’elle pratique constamment, est pour elle une sorte de carnet intime où elle note ses idées visuelles. La Femme-maison, la polarité du masculin-féminin sont des constantes de son œuvre, marquée aussi par la thématique de l’absence et de la disparition.

Reconnue tardivement sur la scène de l’art, Louise Bourgeois se consacre, dans les années 90 - elle a alors 80 ans - , à la réalisation de chambres magiques, les Cells, dans lesquelles elle rassemble des objets qui lui sont très proches et qu’elle investit d’une charge émotionnelle très forte. Les Cells sont des lieux où elle déroule la trame de ses souvenirs et de ses affects. En effet, l’émotion est au cœur de son approche du monde.