MOT-CLEF :   mirtha-dermisache

À l’heure où l’Argentine fête le Bicentaire de la révolution de 1810, qui initia le processus de son indépendance, les institutions et foires contemporaines n’ont jamais autant propulsé et acclamé ses artistes. Cette année, les « rencontres de photographies d’Arles » nous proposent un parcours axé sur la célébration de cet événement (Léon Ferrari, Marcos Adandia, Leandro Berra, Marcos Lopez, Sebastiano Mauri, Gabriel Valansi étaient invités, dans le cadre du Bicentenaire, pour représenter l’Argentine). De l’autre côté des Pyrénées, à Alcalá de Henares en Espagne, PHOTOESPAÑA consacrait une rétrospective à la photographe argentine, Adriana Lestido. Sans toutefois se laisser tenter par un cloisonnisme catégorique, il convient d’accorder à toute une génération d’artistes argentins une nécessité d’ « Art-action ». Car effectivement, un art de résistance et d’insubordination intriquant corps et politique, s’est emparé plus globalement, depuis les années 1960, du continent latino-américain. De là, s’origine l’émergence, principalement depuis les années 80, d’un très grand nombre d’artistes plasticiennes, performeuses et vidéastes, œuvrant depuis le même lieu, intégrant à leur travail la dimension du genre, de la sexualité et de l’identité culturelle. Chacun de ces artistes argentins vit à sa manière l’intrication du corps et du social, du corps et du politique, dans un souci de reconnaissance luttant contre l’oubli. La « mémoire » s’inscrit comme pilier dans un pays touché à vif, subissant encore aujourd’hui les séquelles d’une dictature sanglante.

L’immense succès remporté par l’exposition “elles” aura permis de prolonger l’accrochage en proposant au public une troisième rotation mouvante des oeuvres présentées. Dès septembre, les spectateurs auront l’occasion d’admirer les toutes dernières acquisitions de la collection contemporaine du Centre Pompidou, brassant différentes générations d’artistes, Tania Mouraud, ORLAN, Aurélie Nemours ainsi que des artistes dont la notoriété grimpante témoigne d’une ferme volonté du Musée, d’accompagner la scène artistique la plus actuelle. Seront présentes, des oeuvres de Camille Henrot (en compétition pour le prix Marcel Duchamp 2010) ou encore Catharina Van Eetvelde (prix de dessin GUERLAIN 2010). Ils pourront notamment parcourir de nouvelles salles: une pièce consacrée aux artistes femmes latinoaméricaines, la reconfiguration de la section “corps slogan” et une mise en perspective “féminin/masculin” articulée autour de la question de la mascarade…