MOT-CLEF :   sociologie

Les 5 et 6 février 2010 aura lieu au centre Pompidou, organisé en partenariat avec la Bibliothèque Publique d’Information et le Musée National d’Art Moderne, le colloque “Les Normes de genre dans la création contemporaine : reproduction/déconstruction”.

Voici le programme de ces deux journées, à l’occasion desquelles seront présentes, parmi les artistes de l’accrochage, Orlan et les Guerilla Girls.

“Les normes de genre dans la création contemporaine : reproduction/déconstruction”, Centre Pompidou, Petite Salle (niveau -1) entrée rue Saint-Martin (piazza).
Vendredi 5 14h-20h15, Samedi 6 14h-20h30.
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

VENDREDI 20 NOVEMBRE 2009, 19h, Petite salle, entrée libre
Conférence Performance de TRACKS (Barbara Matijevic, GUISEPPE Chico)
“Pour une théorie à venir de la performance ou Le seul moyen d’éviter le massacre serait-il d’en devenir les auteurs ?” (Deuxième volet de la trilogie)

Jouée par Barbara Matijevic dans le rôle du professeur de culture générale, cette conférence performance est une approche du rapport entre fiction et réalité… ou comment tenter de montrer que toutes les figures de la culture qui nous façonnent sont des avatars d’un discours général, pris dans le flux et le reflus de l’histoire et des évènements populaires.
En incarnant BM, son double fictif, Barbara Matijevic nous permet ici quelques réflexions sur l’application de son modèle de pensée à la construction de la figure des femmes, à l’occasion de l’accrochage elles@centrepompidou.

A la veille de la performance d’Andrea FRASER dans le cadre du nouveau festival au centre Pompidou, profitons de sa vidéo, visible dans l’allée centrale du 4eme étage du musée (salle “Feu à volonté”).

Nathalie Heinich est sociologue et directrice de recherche au CNRS. Ses recherches portent sur la sociologie de l’art. Elle a notamment publié de nombreux travaux sur le monde de l’art contemporain en France. Dans son ouvrage “Etre artiste. Les transformations du statut des peintres et des sculpteurs” (aux éditions Klincksieck), elle s’intéresse à la figure de l’artiste d’un point de vue historique en 50 questions. Cet extrait est tiré du chapitre 43. La sociologue se penche ici sur la place marginale qu’occupent les femmes dans l’histoire de l’art.

“L’histoire de l’art est, indubitablement, beaucoup plus riche en noms d’hommes que de femmes. Il est tentant alors de poser la question: pourquoi y eut-il aussi peu de femmes artistes? Mais c’est une question (…) mal posée. Car avant de considérer les différences de sexe, il faut s’interro­ger sur le statut de l’activité des producteurs d’images. (…) La question devient alors: y eut-il beaucoup de femmes exerçant un métier artisanal, ou une occupa­tion profession­nelle, ou une vocation artistique? (…)”

ART ET GENRE /

Alain Quemin est Professeur de sociologie des arts à l’Université Paris-Est. Il s’intéresse aux mondes de l’art à travers une approche sociologique du marché de l’art et de ses acteurs, des professionnels de l’art et des publics. Ses recherches récentes portent sur l’internationalisation de l’art contemporain. Il s’est notamment penché sur la place des femmes galeristes à New York. Cette tribune analyse la place des artistes femmes dans le secteur de l’art contemporain.

Femmes et artistes : la voie difficile du succès dans le secteur de l’art contemporain
Quelle position les femmes occupent-elles aujourd’hui au sein de la population artistique et accèdent-elles au succès dans des proportions semblables à leurs homologues masculins ?

ART ET GENRE /

Reine Prat est chargée de mission pour l’égalité à la direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles, Ministère de la culture et de la communication. Dans ce cadre, elle a réalisé en 2006 et 2009, deux études portant sur l’ (in-)égalité des sexes dans le spectacle vivant. Cette tribune fait la synthèse de ces rapports.

GENRE ET SOCIETE /

Eric Fassin, sociologue, Ecole normale supérieure, s’intéresse à l’articulation des questions sexuelles et des questions raciales dans la société contemporaine. Ses travaux portent sur l’actualité : mariage homosexuel, parité, voile…

Il y a des femmes. C’est le féminisme qui le rappelle, au tournant des années 1970, aux Etats-Unis comme en France. Cette évidence n’en est pas une : on l’oublie aujourd’hui encore, dès qu’il s’agit de choses sérieuses – et donc un peu moins pour l’art ou la littérature. Qui se soucie de remarquer l’absence des femmes, et l’omniprésence des hommes, quand il s’agit de guerre, d’économie, de religion ou de football ? L’ordre sexué des choses va sans dire.
Le retour du féminisme s’inscrit dans le contexte historique des mouvements d’émancipation. Mais il n’en est pas seulement le prolongement ; il en révèle aussi les contradictions. La révolution n’était-elle pas, à son tour, chose trop sérieuse pour être confiée aux femmes ?