MOT-CLEF :   temoignage

C’est mercredi 28 avril, que “Elles Centre Pompidou” vous conviait à la projection du film documentaire “Womanhouse” de Johanna Demetrakas, qui vient d’être acquis par le Centre. La séance était présentée par Kantuta Quiros, programmatrice et co-fondatrice de la structure de diffusion “Le Peuple qui manque”, qui est chargé de la distribution européenne du film. La réalisatrice Johanna Demetrakas nous a fait l’honneur de venir spécialement de Los Angeles, où elle enseigne le cinéma, pour présenter son film rare témoin du Womanhouse Project. En effet “Womanhouse” est un documentaire historique très précieux sur une des premières manifestations artistiques féministes de grande envergure dans les années 1970. Dans le cadre du Feminist Art Program de CalArts et sous la direction de Judy Chicago et de Miriam Shapiro, 24 étudiantes transformèrent une maison abandonnée de Hollywood en un espace d’exposition où chacune des pièces étaient l’extension des stéréotypes du corps féminin. L’exposition qui fit grand bruit et reste encore aujourd’hui un évènement fondateur de l’histoire de l’art féministe, se voulait être une critique acerbe de l’invisibilité des artistes femmes de l’espace culturel ainsi que de l’ordre patriarcal qui enferme les femmes dans leurs maisons de poupées. En plus d’être le témoin privilégié des célèbres performances de Faith Wilding et Judy Chicago, ce précieux film nous révèle les coulisses des ateliers de prises de conscience collective ainsi que la réception du public. La principale qualité de “Womanhouse” est de rendre palpable toute l’énergie foisonnante et l’engouement qui entoure cette aventure artistique et féministe.

A la faveur d’une visite avec se classe de 3ème du collège Jacques Offenbach de Saint-Mandé, Catherine Grabowski, professeur agrégée d’arts plastiques nous fait part des réactions de ses élèves.

Les témoignages de jeunes élèves, d’étudiants ou de novices ont toujours ceci d’intéressant qu’ils nous renvoient aux a priori de la société dans laquelle nous vivons et parfois nous permettent de poser un nouveau regard sur les oeuvres.

Voici une anecdote qui m’est arrivée lors d’un de mes voyages.
J’étais dans l’aéroport de Wellington et j’avais besoin d’aller aux toilettes. Ma première réaction, en voyant les deux portes, a été de me diriger vers celle de droite. Mais après quelques pas, je me suis arrêtée net, je ne croyais pas à ce que je voyais. J’ai tout d’abord cherché des yeux d’autres toilettes, des toilettes avec le symbole d’un personnage en jupe mais il n’y en avait décidément pas.

ART ET GENRE /

Maria Clark naît en 1968 en Angleterre dans une famille mixte franco-britannique. Elle vit et travaille à Paris. Son travail considère les problématiques du corps, du langage ; des territoires et des frontières. Il développe les thématiques du mouvement (corporel, migratoire) et de l’immobilité — poussée jusqu’à l’immobilisme. Ses propositions, de plus en plus engagées, s’inscrivent volontiers dans l’espace public de la rue. La première création de sa nouvelle série de performances sera présentée à Toulouse en septembre, Activist Bondage : Le corps de l’artiste, nu et immobile, fait œuvre. Artistique, esthétique et militant.

L’art corporel du modèle contemporain : mon expérience

Si je tiens ici à livrer mon témoignage, c’est qu’il me semble essentiel de rappeler que le modèle physique, source d’inspiration du vivant, a sa place justifiée dans le paysage de l’art contemporain. Les arts actuels ne sont pas seulement les «beaux-arts» ; et les «expériences artistiques» relèvent également du champ esthétique…

ART ET GENRE /

Marion Kalter est photographe. A la fin des années 1970, elle écrit un mémoire sur des femmes créatrices et réalise leurs portraits. Le blog de elles@centrepompidou publie un texte évoquant son expérience et une sélection de ces photos.

“En 1976, j’ai 25 ans.
Je commençais tout juste à m’intéresser à la photographie. J’avais étudié l’histoire de l’art et la peinture. Devenue photographe, je n’ai pas ressenti la difficulté d’être une femme. Pour deux raisons : d’une part, je suis arrivée au moment où le féminisme était dans son effervescence en mai 68, et d’autre part ayant perdu ma mère et ma grand mère très jeune, enfant unique très vite livrée à elle-même, je me suis retrouvée dans une liberté affolée.”

Marion Kalter

Portrait de Maria Elena Viera da Silva