MOT-CLEF :   textile

Dans la salle ‘Genital Panic’ de l’exposition « elles, » parmi les photographies, peintures, films, à côté d’Aktionshose : Genitalpanik de VALIE EXPORT, s’impose une sculpture tissée en sisal, à la surface irrégulière. Elle a la forme d’un vagin démesuré, monumental, à l’intérieur noir et troublant. Il s’agit de l’’Abakan Grand Noir’ de Magdalena Abakanowicz. Figurant dans la première série d’œuvres majeures de l’artiste, l’œuvre semble fort éloignée de ses sculptures asexués en bronze regroupées en foule, comme dans Agora, 2005, ou de ses troncs d’arbre métamorphosés en cannons de la série ‘War Games’, 1987-89. Pourtant, malgré leur diversité, ces œuvres ont de nombreux points communs : toutes témoignent d’une exploration approfondie de la matière, créent un espace qu’il faut négocier, et font preuve d’une profonde sensibilité humaniste, formée par l’expérience du totalitarisme. S’il s’agit là de trois points de vue différents sur l’œuvre d’Abakanowicz, il est impossible de les séparer, de parler de l’un sans déborder sur les deux autres. Elle approche la condition humaine à travers les matériaux de son art, et vice versa – une identité de forme et de contenu dont l’œuvre tire sa puissance.

A l’heure des cyborgs et des nouveaux médias, nous remarquons, ces dernières années, un renouveau des arts textiles dans les foires et biennales. La broderie, la tapisserie, le tricot, longtemps cantonné au rang d’artisanat ou de travaux domestiques reservés “aux dames” furent au coeur d’une réévalutation pour ne pas dire d’une véritable révolution au cours du 20ème siècle. C’est ainsi ce que tente de montrer Sonia Recasens, étudiante en Master 2 à l’université Rennes 2, à travers son article intitulé “De l’art de tisser des liens” et que nous vous proposons de découvrir.